Daniel Fernandes porte-t-il un super-slip ?

Publié le 13 août 2011
Dan Fernandes, scénariste des Super-Slips, avant sa rencontre avec Bartholomeus Bone ! Le scénariste Daniel Fernandes, quelques instants avant le drame.

Super-slips : notre journaliste Bartholemeus Bone part à la rencontre d’un des deux coupables de la pire série de super-héros de tous les temps. Daniel Fernandes est scénariste sur les séries Banc de Touche, aux éditions Kantik, et La France de Tout en Bas aux éditions Bac@Bd, abordant des thèmes aussi populaires que le football ou les SDF ! Aujourd’hui, il s’attaque en compagnie de son co-scénariste préféré Edmond Tourriol et de Sid, fantastique dessinateur du Studio MAKMA, à un genre qui les fait rêver depuis leur plus tendre enfance… les Super-Slips ! Bartholomeus Bone, reporter au MAKMA Bugle, est parti à sa rencontre pour tenter d’en savoir plus sur ce nouveau projet si alléchant…

Il pleut sur Bordeaux, ce soir. Une lourde pluie d’été qui recouvre le trottoir de taches de léopard. En centre-ville, les femmes âgées sortent leurs plantes d’intérieur sur le balcon comme s’il s’agissait de parents infirmes ou d’enfants-rois. J’aime ça. J’ai juste le temps de choisir une table quand Dan Fernandes pousse à son tour la porte du bar. C’est un grand type habillé de manière classique, au crâne rasé et à la barbe pro-palestinienne. Je remarque tout de suite son regard formidablement intelligent quand il hausse un sourcil à mon attention. Je lui fais signe de venir me rejoindre. En l’observant traverser la salle, je ne peux m’empêcher de remarquer qu’il est sacrément beau gosse. La plupart des femmes semblent s’en apercevoir également et se retournent sur son passage, charmées par son élégance naturelle ou juste intriguées par le fait qu’il ait la braguette ouverte. Il s’assoit en face de moi, s’excusant pour un retard imaginaire. Et j’entre tout de suite dans le vif du sujet.

Bartholomeus Bone : Bonjour, Dan. Ta braguette est ouverte.

Dan Fernandes : Oh… merde…

Il referme sa braguette le plus discrètement possible, ce qui attire l’attention des quatre étudiantes attablées près de nous. Il a l’air terriblement gêné.

Bartholomeus Bone : Je suis ravi de pouvoir te rencontrer à l’occasion du lancement de ta nouvelle série Super-Slips sur le site pop/geek Superpouvoir.com.

Dan Fernandes : Ah, c’est pour ça qu’on fait cette interview ?

Bartholomeus Bone : Qu’est-ce que tu peux nous dire à propos de Super-Slips ?

Dan Fernandes : Ben, comme son nom l’indique peut-être, c’est une série comique tournant autour des super-héros. Le public pourra la découvrir à raison d’un strip par semaine sur le site Superpouvoir.com. Ed et moi nous relaierons au scénario, avec Sid au dessin et Ben Basso aux couleurs.

Bartholomeus Bone : Et à quel type d’humour doit-on s’attendre ?

Dan Fernandes : De l’humour familial, majoritairement. Mais plus dans la lignée de Paf et Hencule ou Garth Ennis, par exemple.

Bartholomeus Bone : Pas vraiment de l’humour familial, Paf et Hencule.

Dan Fernandes : C’est vrai, maintenant que j’y pense. En fait, je crois que le but est surtout d’éviter de se mettre des limites.

Bartholomeus Bone : Pas d’auto-censure.

Dan Fernandes : C’est ça. Si on trouve un gag amusant, on l’insère dans le strip, peu importe qu’il soit raciste, sexiste, homophobe ou qu’il s’attaque à des êtres humains souffrant d’un autre type de malfaçon. Il faut toujours se battre pour ses idées, surtout si on les trouve marrantes.

Bartholomeus Bone : Quitte à déplaire ?

Dan Fernandes : Oui, quitte à déplaire. Mais si nos gags viennent à offenser des gens, c’est juste du bonus. Il faut avant tout qu’ils nous fassent rire, nous, si possible aux dépends des faibles.

Bartholomeus Bone : Parle-nous un peu du héros de la série…

Dan Fernandes : Il y aura plusieurs personnages récurrents, les membres de notre JLA à nous, les Sept Suprêmes. Les gags tourneront autour de leurs « aventures » plus ou moins super-héroïques.

Bartholomeus Bone : Parle-nous plutôt du vrai héros de la série…

Dan Fernandes : Il n’y aura pas de limites là-dessus non plus. Les personnages iront et viendront en fonction des besoins rencontrés pour la mise en scène de nos gags. Certains pourront même mourir dans d’atroces souffrances et être remplacés lors de castings où on demandera, pourquoi pas, aux lecteurs de voter !

Bartholomeus Bone : Une seconde, il doit bien y avoir un personnage plus important que les autres dans cette série, non ?

Dan Fernandes : Non, non.

Bartholomeus Bone : Une tête de proue, une icône que tout le monde pourra reconnaître !

Dan Fernandes : Ben, non.

Bartholomeus Bone : Et America-Man alors ? C’est pas une putain d’icône, America-Man ?

Dan Fernandes : Oh, America-Man sera effectivement l’un des personnages récurrents mais il ne sera pas le seul. C’est un personnage tout à fait haïssable, patriote jusqu’au bout des ongles, capable de vendre père et mère pour un tonneau de bière, accessoirement raciste, homophobe, sexiste et bien sûr, parce que la nature est bien faite… doté des pouvoirs de Superman.

Bartholomeus Bone : Et tu pourrais lui dire tout ça en face, j’imagine ?

Dan Fernandes : … comment ça, en face ?

Bartholomeus Bone : Ben, ouais, s’il était là en face de toi, le America-Man, tu pourrais encore ouvrir ta grande connasse de bouche ?

Dan Fernandes : Hein… ? Quoi… ?

Il me regarde avec des yeux ronds, ne comprenant pas vraiment où je veux en venir. Je penche légèrement la tête en avant pour retirer mes lentilles de contact, d’abord la gauche, puis la droite. Quand je relève la tête, il est déjà blanc comme un linge.

Bartholomeus Bone : Alors, tu pourrais lui dire tout ça en face ?

Dan Fernandes : T’es… t’es…

Bartholomeus Bone : Ouais, mon pote, Bart Bone est l’identité secrète d’America-Man. Ça t’en bouche un coin, pas vrai ?!

Dan Fernandes : Nom de dieu, ces lentilles de contact te rendent vraiment méconnaissable !

Bartholomeus Bone : Et tu devrais me voir avec les lentilles colorées.

Dan Fernandes : Je… C’est la première fois que je rencontre un de mes personnages de BD en vrai. Ça fait un choc.

Bartholomeus Bone : C’est rien en comparaison avec ce qui t’attend, petit enculé de Portos de merde. Je pèse le pour et le contre, là. Je me demande si Ed pourra se passer de toi pour le strip.

DF : Doucement, America-Man, rappelle-toi que je suis l’un de tes créateurs… rien de ce que j’ai dit n’était un jugement, juste une constatation.

Bartholomeus Bone : Ouais, et t’as dit aussi que je pouvais faire ce que je voulais puisqu’il y a aucune limite dans Super-Slips ! En fait, comme sanction, je songe à te couper les vivres !

Dan Fernandes : Quoi ?! T’as fumé la moquette ou bien… ? Tu crois que je suis payé combien pour écrire ce strip ridicule ?!

Bartholomeus Bone : Hein ?! On a dû mal se comprendre, qu’est-ce que je viens de dire ?

Dan Fernandes : T’as dit que t’allais me couper les vivres…

Bartholomeus Bone : Oh ! Hahaha ! Mais non ! Les couilles… ! Je voulais dire les couilles !

Il pleut sur Bordeaux, ce soir. Et il crie aussi. Et il pleure du sang. Saloperie de Portos de merde.

Par Bartholomeus Bone,
Reporter au MAKMA Bugle.