Le Cogneur d’Ours Torse Nu tient son traducteur

Publié le 25 octobre 2018
Le Cogneur d'Ours Torse Nu : une traduction signée Benjamin Viette. Shirtless Bear-Fighter, alias le Cogneur d'Ours Torse Nu © Jody Leheup & Nil Vendrell, © HiComics pour la VF.

Le Cogneur d’Ours Torse Nu ! C’est ainsi que le traducteur de comics Benjamin Viette a nommé le héros de l’adaptation VF du Shirtless Bear-Fighter. Nous sommes allés vérifier s’il portait une chemise lui-même quand il travaillait, et nous en avons profité pour lui parler de son job dans la traduction BD.

Salut Benjamin. Tu as récemment signé la traduction du comic book Shirtless Bear-Fighter, chez HiComics. Tu peux nous en dire plus ?

Benjamin Viette : Shirtless Bear-Fighter, c’est un projet qui m’est tombé dans les bras du jour au lendemain. Au départ, Edmond Tourriol devait s’en charger, mais quand le bouquin est arrivé, il était débordé. Comme je bossais déjà pour HiComics avec les Tortues Ninja, j’ai eu l’opportunité de traduire les aventures du Cogneur d’Ours. On m’avait prévenu que je risquais de traduire une production indé chez HiComics, mais je ne m’attendais pas à un titre aussi barré !

Tu nous racontes un peu l’histoire ? Sans nous gâcher la surprise, bien sûr !

Benjamin Viette : Pas de souci ! Imaginez qu’un jour, une horde d’ours super organisée nous tombe dessus. Qu’elle envahisse toutes les grandes villes les unes après les autres sans que l’armée ne puisse y faire quoi que ce soit. Dans un tel moment, celui qu’il nous faut, c’est le Cogneur d’Ours Torse Nu. Si on résume très vite, c’est ça, l’histoire de Shirtless Bear-Fighter, sauf que c’est ponctué d’une troisième jambe pixelisée, de poils, de muscles, de jeux de mots pourris et de crêpes. Enfin, de pancakes, je veux dire. Désolé, Cogneur d’Ours !

Traduire un one-shot, comme ça, ça pose des difficultés particulières ?

Benjamin Viette : Bien sûr ! Un one-shot, ça veut dire un numéro 1. Le numéro 1, c’est là qu’on pose toutes les bases : les tutoiements et les vouvoiements (dont ne se soucient pas les américains), les traductions de noms propres, etc. C’est aussi là qu’on choisit de traduire ou non les grossièretés et les tics de langage des personnages. En somme, ça demande beaucoup de créativité. Surtout dans un bouquin comme celui-là, où les auteurs placent des jeux de mots dès qu’ils en ont l’occasion. J’en profite pour saluer le travail de Cyril Bouquet, qui a dû assurer le (re)lettrage des petites onomatopées qui ajoutent pas mal d’humour à la BD.

Qu’est-ce que tu penses de ce choix d’édition de la part de HiComics ?

Benjamin Viette : C’est vraiment osé de leur part, mais ça paye. Alors, moi, je leur tire mon chapeau. C’est un comic book qui frôle le ridicule à plusieurs égards, mais qui s’assume de A à Z. Et c’est pour ça que ça fonctionne, je pense. Tous les retours que j’ai pu en lire sur le net sont positifs, en tout cas, et ça me fait très plaisir. Alors, si les lecteurs de cet interview n’ont pas encore sauté le pas, je les encourage à profiter de la Paris Comic-Con pour acheter Shirtless Bear-Fighter et rencontrer les auteurs de la BD, Jody Leheup et Nil Vendrell, sur le stand HiComics.

Dans cette bande dessinée, on passe un très bon moment à chasser les ours à travers les États-Unis d’Amérique en compagnie du Cogneur d’Ours, et ça n’engage pas à grand-chose, puisqu’il n’y a pas de tome 2 de prévu. Cela dit, si les auteurs voulaient en sortir un, je pense que je ne serai pas le seul à l’attendre avec impatience ! De plus, il faut avouer que la couverture de l’édition française est excellente !

Merci, Benji, et à bientôt pour une nouvelle traduction de comics !