HoX/PoX : le renouveau des X-Men en VF

Publié le 13 mai 2020
HoX/PoX chez Panini (couverture) HoX/PoX chez Panini : couverture de l'édition régulière

HoX/PoX, c’est l’événement du moment chez Marvel. Les fans des X-Men sont sur le qui-vive. Même ceux qui ont arrêté de lire les mutants depuis longtemps envisagent de s’y remettre pour l’occasion ! L’éditeur italien Panini vient d’entamer la publication en VF d’House of X, la grande relance des séries X-Men initiée par Marvel aux USA à l’été 2019. C’est l’occasion pour nous de poser quelques questions à Ben KG, traducteur des séries mutantes depuis quelques années, qui s’est fait un plaisir de s’attaquer à ce gros morceau.

Alors, Ben. Tu nous expliques ce que c’est, House of X et Powers of X ?

Ben KG : Eh bien, ce sont deux mini-séries des X-Men qui ne font qu’une, d’où leur publication en version française dans la même revue (les douze épisodes de la VO seront publiés en quatre volumes). À dire vrai, l’univers des X-Men ronronnait depuis un moment. Les mauvaises langues diront que c’est parce que Disney ne possédait pas les droits ciné des X-Men (chez la Fox) et que la Maison des Idées préférait mettre ses meilleurs auteurs sur les personnages du MCU… Est-ce que c’est le rachat de la Fox par Disney qui a motivé cette reprise ? Aucune idée mais l’essentiel est là : Marvel a frappé un grand coup en confiant le destin des mutants au scénariste Jonathan Hickman. Et il n’a pas fait les choses à moitié. Il était temps de remettre l’ancienne locomotive de Marvel sur le devant de la scène, et le scénariste a réussi, avec un succès commercial et critique indéniable. Ce qui ne gâche rien, c’est également du tout bon au niveau dessin avec R.B. Silva et Pepe Larraz.

ET donc, c’est si bien que ça, HoX/PoX ?

Ben KG : C’est même mieux que bien. Pour faire court, Hickman utilise ici un personnage important de l’histoire des X-Men dont on ignorait jusqu’ici la nature mutante pour réinventer et réinterpréter toute la chronologie X de chez Marvel. Et sur l’impulsion de ce personnage et de son pouvoir très particulier et métaphysiquement vertigineux, les ennemis de toujours, le Professeur Xavier et Magnéto, vont fonder une nouvelle nation mutante avec sa culture, sa langue, sa géographie, son système politique et judiciaire, son économie… Et si ce que fait Hickman à ce niveau-là est impressionnant, il ne s’arrête pas là, puisqu’il conte aussi le futur proche et (beaucoup) plus lointain des mutants et des humains. Enfin, un futur possible. Mais… qui a eu lieu.

HoX/PoX : le début d’un nouvel âge d’or pour les X-Men ?

En dire plus, ce serait spoiler et ce serait bien dommage. Je me contenterai de dire qu’House of X introduit assez d’éléments dans le lore des X-Men pour avoir de quoi raconter des histoires inédites et passionnantes pendant des années. Ça pourrait même être un nouvel âge d’or pour les X-Men !

On dirait bien que HoX/PoX t’a plu, alors ?

Ben KG : Franchement, les X-Men ne m’avaient pas enthousiasmé à ce point depuis le run génial de Grant Morrison il y a bientôt vingt ans. Après, comme souvent chez Hickman, c’est très dense et complexe. Je pense notamment au nombre délirant d’annexes sous forme de journaux de bord, d’analyses scientifiques fictives, de diagrammes divers et de petits inserts qu’on retrouve dans chaque épisode. Ce ne sont pas des compléments qui viennent gonfler artificiellement la pagination, leur lecture est indispensable à la compréhension de l’ensemble.

HoX/PoX, c’est comme un pilote pour relancer les séries mutantes

Et l’auteur y aborde des sujets aussi fascinants que l’évolution de l’intelligence artificielle ou la manière dont les mutants ont trouvé le moyen d’accéder à l’immortalité. Avec les conséquences que ça implique pour les scénaristes de l’ensemble des séries consacrées aux mutants démarrées depuis et qui se servent d’House of X comme point de départ. En fait, House of X est une sorte de gigantesque épisode pilote qui pose les bases de tout ce qui va suivre tout en formant une histoire complète. Et ça soulève déjà pas mal de débats puisqu’on se doute que cette utopie mutante flirtant avec une forme de suprématisme bienveillant assez malaisant finira par se fissurer. Un peu comme dans le Miracleman de Moore. Mais ça, seul l’avenir nous le dira.

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Et la traduction de ce comic book ? On imagine que ça n’a pas forcément été de tout repos…

Ben KG : Dans tous les cas, même quand un comic book est compliqué et très dense, c’est toujours plus facile quand on aime ce qu’on traduit. Et le gros avantage, ici, c’est que les douze épisodes ont été publiés en l’espace de trois mois aux USA. J’avais donc l’intégralité à disposition bien avant d’attaquer la traduction des comics qui, elle, s’est faite par « paquets » de trois épisodes. J’ai commencé en amont par établir un glossaire de tous les nouveaux termes que j’allais traduire (ou pas). Et il y en avait pas mal. Il y a aussi énormément de clins d’œil à toute l’histoire des X-Men et j’ai dû faire pas mal de recherches pour ne rater aucune référence. Heureusement, la série a eu un tel succès que de nombreux fans ont passé en revue chaque case pour débusquer et expliquer chaque détail. Après, le plus difficile n’est pas toujours forcément ce à quoi on pense. Comme le langage propre aux mutants. Finalement, ce n’est qu’un nouvel alphabet, la langue ne change pas.

Des choix de traduction décisifs

Et s’il y a beaucoup d’annexes et de textes avec des notions parfois pas simples à maîtriser, le plus difficile, c’est la traduction des dialogues de Jonathan Hickman. C’est toujours minimaliste et très efficace, avec très peu d’espace et de marge de manœuvre. Alors il faut toujours être bien vigilant à ne pas traduire trop vite trois malheureuses petites bulles qui paraissent faciles après avoir enchaîné des pavés de texte sur l’intelligence artificielle ou les différents types de mutation. Surtout, les choix de traduction qui sont faits dans House Of X se retrouveront dans les séries qui vont suivre. Donc, il y a toujours un peu de pression dès qu’on doit prendre une décision. Sans oublier de respecter toutes les traductions déjà existantes. En même temps, c’est ce qui fait le sel du boulot du traducteur de comics. Et c’est pour ça que traduire des titres de super-héros est parfois bien plus difficile que des titres indépendants plus pointus, contrairement à ce qu’on pourrait croire.

Un petit mot pour conclure sur HoX/PoX ?

Ben KG : Si vous êtes fans des X-Men, lisez House of X. Que vous aimiez ou non, ça ne vous laissera pas indifférent, c’est certain. Et si vous n’avez jamais lu les X-Men, c’est le moment de vous y mettre. Sérieusement, lisez House of X.

Merci, Ben ! Nous allons certainement suivre ton conseil, et nous plonger dans la lecture de cette saga révolutionnaire pour les mutants de l’univers Marvel. Et en guise d’échauffement, voici un premier aperçu des planches de ce comic book !

HoX/PoX chez Panini
HoX/PoX chez Panini : planche démo (traduction : Ben KG)
HoX/PoX chez Panini
HoX/PoX chez Panini : planche démo (adaptation VF par Ben KG)
HoX/PoX chez Panini
HoX/PoX chez Panini : couverture alternative par Pepe Larraz.

Rendez-vous en juin 2020 pour la sortie d’un des événements Marvel les plus attendus de l’année, chez l’éditeur Panini !