Pogo : lettrage d’un monument des comics

Stephan Boschat signe le lettrage du comic strip Pogo (Walt Kelly) aux éditions Akileos.

Alors que le premier tome de l’intégrale des strips de la BD américaine « Pogo » vient de sortir, et figure déjà dans la sélection patrimoniale du FIBD Angoulême, nous profitons de l’occasion pour interroger Stephan Boschat, qui a relevé le défi d’assurer le lettrage de ce véritable pavé !

Pogo, de Walt Kelly (éditions Akileos).

Stephan, qu’est-ce qui a été le plus difficile à lettrer, dans Pogo ?

La particularité de ce type de lettrage est qu’il cumule les difficultés : la densité de texte et le nombre de bulles par pages est bien au-dessus de la moyenne. Les variations de typos au sein d’une page, voire pire, au sein des bulles. Les effets et autres onomatopées qui ont souvent des formes très « mouvantes ».

De plus, l’intégration des textes dans les images implique de travailler directement sur les planches et il faut que ça s’intègre parfaitement. Le lecteur ne doit pas déceler que ça ne fait pas partie de l’original (surtout pour les planches couleurs avec trames).

Enfin, il est toujours compliqué de bien restituer l’agencement harmonieux du texte à l’intérieur de bulles de formes délirantes.

Pogo de Walt Kelly (Akileos)

Ainsi, travailler sur une BD « patrimoniale », c’est un défi ?

Oui. On se doit de respecter autant que possible l’original : taille de typo, forme des onomatopées. On a donc le regard porté en permanence sur la V.O. (d’où l’intérêt de bosser avec deux écrans). On pourrait passer des heures sur chaque page. Mais on est toujours pris par les délais…

Selon toi, pourquoi faut-il lire Pogo ?

Parce que c’est lettré par MAKMA (hé hé).

Bon, Walt Kelly est un monument des comic strips et du dessin animé. Les sujets abordés par Pogo sont sérieux mais abordés sous un angle loufoque qui plaira aux adultes comme aux enfants. Et l’ouvrage est magnifique. Akileos a fait un travail tout à fait remarquable.

Pogo de Walt Kelly (Akileos)