Le Questionnaire de Cyril Durr, relecteur-correcteur BD
Publié le 06 novembre 2020
Cyril Durr a répondu à notre questionnaire de Proust.
Cyril Durr : de Rorschach à Monsieur Miyagi
Qu’est-ce qui caractérise ton travail ? Cyril Durr : Les hurlements d’insultes et expressions québécoises. Et entre deux accès d’humeur, la minutie et la rigueur. On peut passer de quelque chose d’assez bourrin, concernant les fondations même d’une phrase, à un travail d’orfèvre, plus pointu. Quelle est ta devise ? Cyril Durr : « Sept fois à terre, huit fois debout ». C’est un dicton nippon. J’aime bien aussi « Dans la vie, si t’as pas de flingue… c’est que t’es pas du bon côté du flingue ». Ça, c’est mosellan. Quel est ton principal défaut ? Cyril Durr : Trop impulsif. Ça m’a joué bien des tours. Qu’est-ce que tu détestes par-dessus tout ? Cyril Durr : J’ai l’embarras du choix, j’hésite entre les betteraves rouges, l’écriture inclusive et les insectes. J’aurais bien dit « la bêtise », mais ça fait trop Miss France… ou alors, je le tourne à ma sauce : « les gens dont le QI est inférieur à leur pointure de godasse… surtout quand ils ont des petits pieds ». Quel est le don de la nature que tu voudrais avoir ? Cyril Durr : Une mémoire eidétique par exemple. Mais je ne crois pas beaucoup aux « dons », je suis plus un adepte du travail acharné, ça permet plus efficacement d’atteindre les objectifs que l’on s’est fixés. Ça sonne très « entretien d’embauche » comme réponse, mais pourtant c’est vrai. Comment aimerais-tu mourir ? Cyril Durr : Déjà, je ne suis pas certain d’aimer cette idée. Mais bon, je dirais d’une manière qui ne nécessite ni hurlements ni l’utilisation de machines agricoles. Qui sont tes héros dans la fiction ou dans la vraie vie ? Cyril Durr : J’ai une prédilection pour les personnages de fiction un peu badass et pas trop politiquement correct. Rorschach par exemple (pas Hermann, l’autre). Dans la vie réelle, j’aime beaucoup Roland Habersetzer. J’admire rarement mes contemporains, mais j’ai pour son parcours et son intégrité un respect sincère et sans borne. Je lui ai dit un jour qu’il était un peu pour moi un mélange de Yoda et de Monsieur Miyagi. Sous cette boutade se cache pourtant une vérité. Il représente ces valeurs fantasmées, ou disparues depuis longtemps, qui me manquent tant. J’aurais aimé le connaître plus tôt, par exemple le rencontrer la première fois que j’ai franchi la porte d’un dojo. Le tout sur Kata Training de Bill Conti. Forcément. Quel est l’endroit où tu désirerais vivre ? Cyril Durr : Un endroit froid, où même l’été la température ne dépasse pas les 25. De nos jours, ça commence à se faire rare. Plus idéalement, un endroit où lorsque j’ouvre la fenêtre, j’entends des animaux, pas des bagnoles. Quel est le super-pouvoir dont tu aurais voulu être doté ? Cyril Durr : Le vol. Pas dans les supermarchés hein, plutôt échapper à l’attraction terrestre. Déjà dans un petit Robin DR-400 c’est bandant, alors si on pouvait voler par soi-même, en calbute, ça serait fun.