Caroline Vieira, traductrice comics de super-héroïnes Marvel

Publié le 03 décembre 2019
Portrait Caroline Vieira, Séminaire Makma (Photo : Jean-Baptiste Merle) Caroline Vieira, traductrice de comics.

Caroline Vieira, traductrice comics anglais-français au sein du studio MAKMA, ainsi que professeur d’anglais au lycée, nous présente ses derniers travaux d’adaptations VF sur des séries Marvel. Nous la retrouvons pour une interview à propos de ses dernières transcréations sur les ouvrages Hachette de Marvel, la collection de référence. Dans ces trois œuvres récemment traduites par Caroline, les femmes sont au cœur du récit et incarnent le fil conducteur de chaque histoire.

Caroline, parle-nous de tes dernières missions : quelle est la particularité des personnages que tu as pu traduire, récemment ?

Caroline Vieira : Ces derniers temps, j’ai essentiellement traduit des super-héroïnes Marvel comme Écureuillette, Moon Girl et Miss Marvel (Kamala Khan). Écureuillette et Moon Girl sont de jeunes héroïnes. Moon Girl a une dizaine d’années, et Écureuillette est en première année à l’université.

Quelle est la volonté de la maison Marvel dans l’intervention et la mise en scène de jeunes héroïnes, de personnages féminins ?

Caroline Vieira : Il s’agit de mettre en avant des héroïnes actuelles. Marvel a ici une volonté d’être progressiste et participe à une égalité des sexes dans les comics. Il ne s’agit que d’un début, mais l’initiative est louable. Les femmes et les jeunes filles ont désormais davantage de choix parmi les héroïnes auxquelles s’identifier, et ce depuis leur enfance.

Parle-nous de la particularité de Kamala Khan, l’aînée des trois super-héroïnes sur lesquelles tu viens de travailler.

Caroline Vieira : Kamala Khan est la première héroïne de confession musulmane à obtenir sa propre série chez Marvel. Elle a été élevée à New York dans une société moderne par une famille traditionaliste. Marvel joue ici la carte littéraire du naturalisme en faisant évoluer  son héroïne dans une vie pleine de contradictions. Kamala s’interroge sur comment trouver sa place dans la société.

Ces nouvelles œuvres ont chacune une particularité, un enjeu qui lui sont propres ? 

Caroline Vieira : Oui. Par exemple, Écureuillette a un ton plus léger, plus humoristique, et le but de l’œuvre est de s’adapter a des filles de l’âge de l’héroïne afin qu’elle s’identifient à cette dernière. Moon Girl, quant à elle, affronte un questionnement plus profond qui est celui de ses super-pouvoirs. Si on va plus loin, on peut s’apercevoir qu’assumer ses super-pouvoirs pour une super héroïne, c’est un peu la même chose qu’assumer ses super-pouvoirs féminins, sa féminité, sa jeunesse, pour la jeune étudiante.  Cette dernière remplace notamment feu Moon Boy pour asseoir une mixité au sein des personnages de l’écurie Marvel.

Extrait des aventures d'Écureuillette avec Howard le Canard. VF signée Caroline Vieira, traductrice de comics.
Écureuillette en VF : une adaptation signée Caroline Vieira, traductrice de comics.

 

As-tu éprouvé une certaine difficulté à respecter la façon de s’exprimer des personnages de cet âge ?

Caroline Vieira : Pas vraiment, car je suis prof, et j’ai l’habitude d’entendre parler les jeunes, ça aide ! Du coup, je peux m’adapter aux personnages, entre parents et élèves. Par exemple, un des épisodes de Moon Girl se déroule dans une école.

Y a-t-il eu d’autres nécessités auxquelles tu as dû faire face ?

Caroline Vieira : Peut-être des tics de langage à repérer, car ça participe à l’identité du personnage, à sa psychologie. C’est très important car on le retrouve chez bon nombre de protagonistes, parfois même secondaires. Par exemple, Écureuillette, elle-même bourrée de tics de langage, somme un autre personnage d’arrêter de répéter tout le temps la même chose.

Pour toi, qu’est-ce qui est le plus difficile dans la traduction?

Caroline Vieira : Traductrice de comics, ce n’est pas seulement traduire les dialogues. Ce qui est pénible c’est de traduire ce qui n’est pas dans les bulles. Par exemple les articles de journaux, les inscriptions sur les t-shirts, les noms de magasins… Il ne faut pas omettre tous ces petits éléments en dehors des bulles. Ainsi, le t-shirt de la mère d’Écureuillette porte le message « je donnerais ma vie pour Écureuillette ». Il y a aussi des cartons de déménagement avec une inscription amusante : « fragile mais on s’en fout ».

Merci pour ce témoignage !

Rendez-vous bientôt avec Caroline Vieira, traductrice de comics, pour une nouvelle adaptation VF !