Batman Arkham : Double-Face

Publié le 22 février 2021
Batman Arkham : Double-Face Batman Arkham : Double-Face

Batman Arkham : Double-Face, c’est une traduction signée Mathieu Auverdin qu’on peut retrouver dans le volume 1 de l’anthologie Batman Arkham. Comme son nom l’indique, l’histoire est centrée sur le personnage de Double-Face. Pour l’occasion, nous avons posé quelques questions au traducteur de comics.

Mathieu, parle-nous de cet album un peu particulier qu’est Batman Arkham.

Mathieu Auverdin : J’aime bien les anthologies. Elles me permettent généralement de découvrir de vieux épisodes que je n’ai jamais lus et qui sont parfois considérés comme mythiques.

Sur quelle période as-tu travaillé, pour cette anthologie ?

Mathieu Auverdin : Plusieurs, en fait. Je crois qu’Urban Comics n’attribue pas de période spécifique aux traducteurs, mais préfère leur faire une sorte de panachage. Ce qui n’est pas un mal, je trouve. Ça peut éviter une certaine monotonie en terme de style d’écriture à traduire. Ainsi, j’ai traduit des épisodes des années 1940 et 50. Certains étant scénarisés par Bill Finger, l’un des créateurs de Batman, et d’autres dessinés par Dick Sprang, légende de chez DC Comics. Et j’ai aussi adapté des épisodes provenant des années 1990 et des années 2000. Ça fait un beau panorama.

Quelle difficultés as-tu rencontrées lors de la traduction de ces comics ?

Mathieu Auverdin : La première vient justement de la diversité de styles. Les épisodes de l’âge d’or que j’ai traduit (ceux des années 40-50) ont évidemment un style un peu vieillot qu’il faut conserver. On le ressent aussi au niveau de l’argot qui ne doit surtout pas être moderne. Plusieurs de ces épisodes avaient aussi un aspect romance à l’ancienne entre Harvey Dent et sa bien-aimée Gilda dont j’ai voulu garder le ton, même s’il n’est plus du tout adapté à notre époque. L’épisode des années 2000 (Joker’s Asylum : Two-Face), quant à lui, est totalement différent. C’est de l’horreur psychologique. Double-Face y est particulièrement retors, et l’ambiance est sombre et doit glacer les sangs.

La dualité des dialogues de Double-Face

L’autre difficulté provient du personnage en lui-même. Harvey Dent et Double-Face ne peuvent pas parler de la même façon. Le premier doit être quelqu’un de poli, s’exprimant clairement tandis que son alter-ego peut avoir un vocabulaire de gangster, mais est surtout plus brusque. Il a un ton plus violent. Il a fallu que je fasse ressortir cette dualité. J’avais d’ailleurs en tête la voix française de Double-Face du dessin animé (ben oui, pas Tommy Lee Jones de Batman Forever de Schumacher, faut pas exagérer non plus). Ça aide, mais je ne voulais pas non plus répéter ce même ton.

Dans les épisodes où les deux personnalités cohabitent, on doit sentir la différence. D’ailleurs, dans l’épisode des années 1990, Batman Annual #14, on voit Harvey Dent basculer dans la folie. Ça doit se sentir dans le vocabulaire.

Et pour finir sur l’épisode Joker’s Asylum : Two-Face, c’est le Joker qui fait office de maître de cérémonie, et présente chaque histoire. Là, c’était d’un ton enjoué qui tranche énormément avec l’ambiance du récit.