Edmond Tourriol, invité de Radio Campus Bordeaux
Récemment, Edmond Tourriol a été l’un des sujets d’une interview diffusée sur Radio Campus Bordeaux. À cette occasion, notre directeur général est revenu sur son parcours dans l’univers de la bande dessinée, mais aussi sur l’évolution du studio depuis sa création aux côtés de Stephan Boschat.
« Je suis pas juste le fondateur de MAKMA, je suis le cofondateur avec Stephan Boschat, mon associé. On a fait les 400 coups ensemble depuis 1999. On a créé plusieurs sociétés, on a fait plein de choses, […] ce n’est pas juste une aventure en solo. D’ailleurs MAKMA, c’est beaucoup plus que des fondateurs. C’est toute une équipe. »
Cette notion de collectif est au cœur de la vision défendue par le studio depuis ses débuts.
« C’est toujours un travail d’équipe et c’est justement ce travail d’équipe que nous faisons chez MAKMA. On est en quelque sorte l’entreprise générale du bâtiment appliquée à la bande dessinée. Si un métier existe dans la BD, il existe chez MAKMA. Et s’il n’existe pas encore, on l’a déjà inventé et on est les premiers à le vendre. »
L’entretien a également été l’occasion de revenir sur l’évolution des métiers de la bande dessinée et sur la capacité du studio à accompagner les transformations du secteur, notamment avec des innovations comme la printoonisation des webtoons.
Des projets éditoriaux qui se construisent avec les éditeurs
L’essentiel de l’activité de MAKMA consiste à localiser des œuvres. Seulement MAKMA, c’est aussi une équipe d’auteurs. Ainsi, l’interview a également permis de lever le voile sur la manière dont naissent certains projets.
« Souvent, nous on a envie de raconter des histoires qui nous tiennent à cœur, qu’on a écrites, dessinées, colorisées. Mais on ne va pas faire la BD en entier et ensuite chercher un éditeur. On passe par un processus que tous les candidats à la professionnalisation dans la bande dessinée connaissent : un pitch, un synopsis, une fausse couverture et trois pages de démonstration. »
Edmond Tourriol rappelle également que l’édition reste un dialogue permanent entre créateurs et éditeurs.
« Il va y avoir quelques changements à faire, quelques ajustements, et après il faut arriver à trouver un terrain d’entente sur la qualité intrinsèque du projet, et ensuite sur le budget,. Parce que ce n’est pas tout d’avoir un projet de qualité, il faut aussi que l’éditeur soit en mesure de le financer. »
Une réalité souvent méconnue du grand public mais qui conditionne la naissance de nombreux albums.
« Notre avenir, c’est d’être le luxe de la création » – Edmond Tourriol lors de son interview par Radio Campus
La fin de l’interview s’est concentrée sur un sujet incontournable : l’intelligence artificielle et ses conséquences sur les métiers créatifs. Pour Edmond, inutile de nier la réalité de cette évolution technologique :
« L’IA est là et elle ne va pas s’en aller. On ne peut pas remettre l’IA dans le tube. Puisqu’elle est là, il faut faire avec. »
Mais plutôt que de s’opposer frontalement à ces nouveaux outils, il défend une autre approche : renforcer ce qui fait la valeur du travail humain.
« Vous avez le choix. Vous pouvez acheter un truc qui a été fait dans une usine, vite fait, qui fera très bien le boulot. Ou alors vous voulez quelque chose qui est cousu main, qui a une histoire, une identité, une personnalité. Nous, notre avenir, c’est ça : être le luxe de la traduction, le luxe de la colorisation, le luxe de l’écriture. »
Cette différence ne tient pas seulement à la qualité technique du résultat.
« Nous, on met un supplément d’âme dans un travail artistique. Une œuvre, c’est aussi l’histoire de la personne qui l’a créée. Quand je lis une BD, ce qui m’intéresse, c’est aussi de savoir qui est l’auteur, d’où il vient, d’où il parle. L’intelligence artificielle, aujourd’hui, n’a pas encore cette âme-là. »
À travers cette interview d’Edmond Tourriol par Radio Campus, c’est finalement une même idée qui traverse tous les sujets abordés : dans un secteur en pleine mutation, la technologie évolue, les outils changent, mais la valeur d’une œuvre reste intimement liée aux humains qui la créent.
Et pour écouter l’interview complète, c’est juste ici !