Benjamin Rivière traduit Gideon Falls

Publié le 17 octobre 2018
Benjamin Rivière traduit le comic book Gideon Falls. Gideon Falls © Lemire & Sorrentino. VF © Urban Comics.

Benjamin Rivière, traducteur de comics, a récemment signé la VF du comic book Gideon Falls. Nous lui avons posé quelques questions à ce sujet.

Alors, KGBen : Gideon Falls, de Jeff Lemire et Andrea Sorrentino, dont le premier tome vient de sortir chez Urban Comics, ça parle de quoi ?

Benjamin Rivière : Eh bien, Gideon Falls, ce sont deux histoires se déroulant en parallèle et qui n’ont, au départ, aucun lien. D’un côté, on suit Norton, un jeune homme solitaire atteint de graves troubles psychologiques, et qui passe son temps à fouiller les poubelles à la recherche de petits fragments de ce qu’il appelle “la Grange Noire”. En parallèle, on assiste à l’arrivée du père Fred, un prêtre en proie à ses démons, dans la petite ville de Gideon Falls après la mystérieuse disparition de son prédécesseur. Lorsque le père Fred va voir la Grange Noire apparaître au milieu de nulle part, les événements horrifiques vont s’enchaîner, aussi bien pour le père Fred que pour Norton dans l’autre partie du récit. Et les deux histoires finiront par se croiser de manière inattendue…

Et… c’est bien ?

Benjamin Rivière : Oui, et pas qu’un peu. On retrouve le duo Jeff Lemire & Andrea Sorrentino dont j’avais déjà traduit l’excellent cycle sur Green Arrow (et quelques pages sur Old Man Logan). Le pitch rappelle un peu la deuxième saison de la très flippante série télé Channel Zero. Avec, en plus, la noirceur et l’inventivité du dessin de Sorrentino et la faculté pleine d’empathie de Lemire pour dépeindre des personnages torturés et touchés dans leur chair. Et ça, sans en faire des tonnes, toujours à l’économie. C’est vraiment très bon.

À traduire, c’était particulier ?

Benjamin Rivière : Pas vraiment. Je suis habitué au style de Jeff Lemire, je me sens à l’aise avec sa manière d’écrire. Après Sweet Tooth, Descender et Green Arrow, j’imagine que c’est assez logique. C’est sa première série d’horreur, donc il utilise d’autres outils narratifs, mais son style est là. Ça fait partie de ces titres où ma première motivation lorsque je commence à travailler dessus, c’est de connaître la suite de l’histoire. Les difficultés de traduction, ici, ce sont celles inhérentes à tout premier tome. Parce que certains termes que l’on va traduire vont nous suivre tout au long de la série. Pareil pour les vouvoiements ou tutoiements entre personnages. Les premiers tomes, ce sont toujours ceux des choix. Les suivants, ceux où on les assume.

Tu as hâte d’attaquer le tome 2 de Gideon Falls, alors ?

Benjamin Rivière : Bien sûr. C’est l’une des séries où je sais que je vais m’éclater à chaque page. Surtout qu’une adaptation en série télé est déjà en préparation, donc j’espère que le comic book prendra pas mal d’avance.

KGBen, merci d’avoir répondu à nos questions. Tu nous as bien vendu le truc. Nous aussi, on a envie de lire la suite de Gideon Falls, maintenant. Enfin… quand on aura lu le premier tome, bien sûr !