Les codes graphiques du manga

Publié le 12 août 2020
L’Équipe Z tome 3 : un shonen manga à la française sur le football L'Équipe Z © Edmond Tourriol, Albert Carreres, Daniel Fernandes

Dans l’univers de la BD, les codes graphiques occupent une importance capitale pour catégoriser une œuvre. Comment savoir s’il s’agit d’une BD, d’un comic book, d’un manga ? Tout simplement en vérifiant si ses caractéristiques visuelles correspondent aux critères de chaque genre. Dans le cas du manga, il ne s’agit pas simplement de la couleur, et encore moins de la nationalité de l’auteur. Il existe pleins d’autres codes graphiques – pour la plupart dérivés des travaux d’Osamu Tezuka – qui feront qu’un manga est un manga et non une BD franco-belge ou un webtoon. Alors, quels sont-ils ?

Les codes graphiques du manga « de base »

La plupart du temps, on reconnait un manga à son format, son sens de lecture et bien évidemment, son absence de couleur. Si aujourd’hui, le dessin en noir et blanc est devenu une caractéristique majeure des mangas, il a pour origine une raison purement économique : le noir et blanc coûte moins cher, réduit les temps d’édition et d’impression, et permet à un seul mangaka de produire entre vingt et trente pages par semaine.

Le sens de lecture vient du sens de lecture traditionnel japonais, c’est-à-dire de droite à gauche. Si, dans les années 90, les mangas traduits étaient bien souvent « retournés » pour proposer un sens de lecture occidental (de gauche à droite), aujourd’hui, dans un soucis de respect de l’œuvre originale, et aussi pour faciliter le travail des lettreurs et adaptateurs, les maisons d’édition françaises choisissent la majeure partie du temps de le conserver plutôt que de devoir réorganiser toute la structure du manga.

Quant au format, en France, les mangas sont publiés sous la forme de « tankobons », volumes de petite taille (format poche), d’environ 200 pages.

L’Équipe Z, un manfra signé Daniel Fernandes, Edmond Tourriol et Albert Carrreres

Les personnages et onomatopées

Les personnages de manga sont eux-aussi caractérisés par des codes visuels bien spécifiques. Le principal est celui des proportions, souvent loin d’être réalistes ou même logiques, surtout lorsqu’il s’agit de moments où les personnages expriment des émotions fortes. Les yeux blancs et les dents pointues sont souvent représentatives de la colère, par exemple (plutôt dans un objectif humoristique). A contrario, des lignes verticales au niveau du front et des yeux cachés par une ombre sont plutôt symboliques d’une colère froide, et s’emploient lors de scènes dramatiques ou épiques.

Les codes graphiques du manga dans Amour Sucré.
Amour Sucré, un euromanga shōjō de Migoto Sen Chu et Xian-Nu inspiré du jeu homonyme.

 

Pour ce qui est des onomatopées, elles font partie des mangas à la fois en tant qu’information textuelle et qu’élément graphique. Elles communiquent aux lecteurs un son ou un état et participent au dessin grâce à leur design caractéristique. Dans le cas des manfras, les auteurs utilisent souvent un mélange d’onomatopées anglaises (« crash », « bang », etc.) et françaises (« clic », « boum »…).

Les codes graphiques du manga dans Urban Rivals (éditions Delcourt).
Urban Rivals, un manfra réalisé par le studio MAKMA.

La mise en page des mangas

Aujourd’hui, le manga, notamment le manga d’action, a souvent recours à un découpage très dynamique, inspiré des premiers longs-métrages Disney. Souvent, les mangakas multiplient les cases sur une même scène pour la dessiner selon plusieurs angles de vue. Certaines cases ne sont pas tout à fait rectangulaires, afin de renforcer cet effet de dynamisme presque cinématographique, tandis que d’autres ont en arrière-plan une série de lignes parallèles, afin de donner à la planche une impression de mouvement.

Epic Lanes, un euromanga dessiné par Albert Carreres.

 

Il arrive aussi parfois que certaines cases n’aient pas d’arrière-plan du tout. La raison peut simplement être une question de moyens – les mangakas qui débutent et qui doivent fournir une vingtaine de pages chaque semaine à leurs éditeurs n’ont pas beaucoup de temps pour dessiner des décors (et surtout pas d’assistants corvéables à merci) – mais également uen question graphique, par exemple pour concentrer l’attention sur tel ou tel élément de la case.

Extrait du manga footballistique L’Équipe Z.

 

Un manga n’est donc pas un manga sans ces codes graphiques. Rien à voir avec une quelconque nationalité de l’auteur ; il s’agit simplement de respecter certains critères visuels, qui forment aujourd’hui l’identité propre du manga moderne.

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