Undiscovered Country : une traduction de comics de Benjamin Rivière

Publié le 04 janvier 2021
Undiscovered Country (éditions Delcourt) Undiscovered Country (éditions Delcourt)

Benjamin « KGBen » Rivière vient de signer l’adaptation VF du comic book Undiscovered Country. Pour l’occasion, nous lui avons posé quelques question à propos de cette nouvelle traduction de comics.

KGBen, peux-tu nous présenter cette nouvelle série ?

Benjamin Rivière : Alors, Undiscovered Country, c’est une nouvelle série de SF publiée par Image aux USA et par Delcourt en France. Elle est coécrite par Scott Snyder et Charles Soule et dessinée par Guiseppe Cammuncoli. Donc, à la barre, c’est le haut du panier des auteurs de comics actuels. Le pitch, de manière très résumée : dans un futur proche, les États-Unis, plus isolationnistes que jamais, se sont totalement coupés du reste du monde au moyen d’une gigantesque barrière électromagnétique qui empêche toute communication avec l’extérieur. Plusieurs décennies plus tard, le monde est en proie à une épidémie impossible à arrêter, et les différents blocs se déchirent. Jusqu’au jour où un message venant des USA invite une délégation triée sur le volet, et choisie par leurs soins, à se rendre là-bas pour se voir remettre un vaccin contre le virus. Sur place, les différents membres de cette délégation vont découvrir un univers pour le moins… troublant, c’est le moins qu’on puisse dire. En gros, à côté, Mad Max c’est Mario Kart.

Vu le palmarès des auteurs (Batman, American Vampire, Daredevil, Star Wars, Spider-Man…), on est en droit de s’attendre à du lourd. On est servis ?

Benjamin Rivière : Oui et pas qu’un peu. Il y a évidemment un côté post-apo à la Mad Max, avec tout ce que le medium BD peut offrir de plus spectaculaire que le cinéma, mais aussi de gros concepts SF bien barrés avec des distorsions temporelles façon Lost à la puissance mille. Tous les personnages sont intéressants et ont des choses à cacher. On en découvre un peu plus à chaque chapitre sur ce monde insensé et ces protagonistes au passé complexe et tortueux. Et il y a bien sûr une grosse dose de commentaire politique. C’est, vous l’aurez compris, une métaphore de ce que traversent notre monde en général et l’Amérique en particulier depuis quelques années. Mais ce n’est pas enfoncé au marteau-piqueur, c’est évident mais subtil. Et surtout, à la lecture de ce premier tome très dense, on sent qu’on a à peine entrevu la partie émergée de l’iceberg.

Du point de vue de la traduction, des particularités ?

Benjamin Rivière : Il y a pas mal de références à ce qui constitue l’histoire des États-Unis, même déformé par le prisme SF post-apo, ce qui n’est pas toujours simple à retranscrire. Mais le principal écueil, peut-être, ça a été de traduire ce premier volume dont l’argument de base est une pandémie en plein confinement à cause… d’une pandémie. Undiscovered Country a débuté en 2019 et on peut dire que les deux scénaristes ont tapé juste. C’en est même troublant. L’avantage en tant que traducteur, c’est que pour se projeter, ça demande peu d’efforts d’imagination. Quand on parle de SF d’anticipation, on pense futur lointain, pas à l’année prochaine et que la réalité rejoigne aussi vite la fiction. Mais c’est ce qui rend cette série encore plus pertinente, même si elle n’avait pas besoin de ça pour être remarquable.

Merci, KGBen, et rendez-vous très bientôt pour une nouvelle traduction de comics indépendants !