Floria Deregnaucourt : interview d’une traductrice de webtoons

Publié le 08 mars 2021
Floria Deregnaucourt Floria Deregnaucourt, traductrice de webtoons du coréen vers le français

Floria Deregnaucourt, traductrice de webtoon du coréen vers le français, nous éclaire sur son métier et sur son parcours. En effet, depuis 2019, MAKMA adapte en français ces BD numériques originaires de Corée du Sud. Floria a donc un rôle très actif dans ce procédé de transcréation.

Floria, peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton métier d’adaptatrice de webtoons ?

Floria Deregnaucourt : Je traduis du coréen vers le français chaque épisode des séries sur lesquelles je travaille, puis j’envoie ces traductions au reste de l’équipe : le lettreur, le relecteur, le superviseur, etc.

Quels sont les aspects agréables et moins agréables de ce métier de traductrice webtoon ?

Floria Deregnaucourt : Pour les aspects agréables, je dirais pour commencer la liberté dans ma façon de travailler et dans mon planning. Du moment que le travail est fait correctement et les deadlines respectées, je choisis moi-même comment m’organiser. Un autre aspect que j’aime beaucoup est tout simplement le monde des webtoons. En effet, je suis aussi une lectrice de webtoons : ça ne fait pas si longtemps que j’ai commencé à en lire mais j’ai vite été happée par cet univers, et il m’en reste encore beaucoup à découvrir ! C’est un véritable plaisir de traduire ces séries. Dès que j’ai fini de travailler sur les épisodes qu’on m’a déjà envoyés pour une série, j’attends impatiemment qu’on m’envoie la suite pour découvrir ce qui se passe ! Même en tant que traductrice je suis très vite prise dans l’histoire ! Et je pense tout simplement qu’aimer ce que je traduis est un des points les plus agréables.

La solitude de la traductrice de webtoons

Pour ce qui est moins agréable dans ce travail, c’est sûrement le manque d’interactions. Contrairement à beaucoup de métiers où l’on travaille directement avec ses collègues, ici je suis en contact avec l’équipe mais principalement par e-mail. Sinon c’est juste moi face à mon ordinateur ! C’est un peu plus solitaire que les autres métiers, donc ça ne conviendrait peut-être pas à quelqu’un qui recherche beaucoup d’interactions dans la vraie vie.

Quelles sont les qualités qui te semblent nécessaires pour devenir traductrice de webtoons ?

Floria Deregnaucourt : Pour la traduction il faut bien sûr avoir une très bonne maîtrise de la langue depuis laquelle on travaille, mais aussi avoir une bonne maîtrise du français également. Savoir bien s’organiser est un point essentiel. S’il est positif d’être libre de choisir son planning, ça peut vite être un frein si on ne s’organise pas bien. Surtout à partir du moment où on travaille sur plusieurs projets en même temps. Mais il suffit de trouver l’organisation qui nous convient le mieux !

Le webtoon Lecteur omniscient

 

Ton métier a-t-il évolué depuis que tu as commencé à adapter des webtoons vers le français ?

Floria Deregnaucourt : Ça ne fait pas très longtemps que j’ai commencé à traduire des webtoons. C’est d’ailleurs avec MAKMA que je me suis lancée. J’ai pris contact avec le studio pour un travail de traductrice depuis le coréen. J’ai eu une réponse assez rapide, et on m’a d’abord proposé de travailler sur le webtoon Lecteur Omniscient. J’ai bien été guidée donc j’ai pu assez vite prendre mes repères, et par la suite on m’a confié plusieurs autres projets. Je travaille donc actuellement sur plusieurs webtoons aux genres divers, ce qui me plaît énormément.

Quelles sont tes conditions de travail ?

Floria Deregnaucourt : Je travaille depuis chez moi et je gère moi-même mon planning. Le principal est que chaque traduction soit terminée et envoyée à temps.

Quel conseil donnerais-tu à un débutant dans ton domaine ?

Floria Deregnaucourt : En parlant de la traduction en général, je dirais de persévérer ? On peut souvent entendre que la traduction n’est pas facile d’accès, n’a pas beaucoup de débouchés, etc. Du moins j’ai plusieurs fois entendu ce genre de choses qui m’ont presque démotivée. Mais je n’ai pas lâché l’idée, et maintenant je travaille dans un domaine de traduction qui me plaît beaucoup. Il y a plusieurs domaines de traduction différents, donc une fois le domaine choisi il faut tenter sa chance !

L’impératrice remariée, disponible sur l’application Webtoon de Naver.

 

Floria Deregnaucourt à la traduction des hits Lecteur Omniscient et L’impératrice Remariée.

Quel a été ton projet préféré ?

Floria Deregnaucourt : Je dirais Lecteur Omniscient et L’Impératrice Remariée ! Ce sont deux genres totalement différents, mais les deux ont des personnages vraiment intéressants et une histoire vraiment bien développée et prenante. Je prends beaucoup de plaisir à les traduire.

Y a-t-il un rapport entre tes études et ton métier ?

Floria Deregnaucourt : Oui ! J’ai effectué un Bac S mais je m’intéressais déjà aux langues étrangères à cette époque. Et depuis le collège, j’avais une passion pour la Corée, passion qui m’a été transmise par une amie. Mais je n’avais jamais pensé à apprendre le coréen avant la fin du lycée. En effet, pendant le lycée je me suis beaucoup questionnée sur les études à suivre. Je savais que je ne voulais pas continuer dans les sciences. J’avais de l’intérêt pour les langues et une passion grandissante pour la Corée, alors je me suis dit “et pourquoi pas me lancer dans l’apprentissage du coréen ?”. Je me suis donc décidée à partir sur Paris pour faire une licence LLCER Coréen à l’Inalco. J’ai effectué un échange universitaire en Corée de six mois pendant ma licence, à l’université Dongguk. Et une fois la licence obtenue, je voulais perfectionner mon coréen, alors je suis partie étudier la langue pendant un an à Séoul, à l’université Sogang. Je suis rentrée en France en mars 2020.

Exerces-tu le métier dont tu rêvais entre 15 et 18 ans ?

Floria Deregnaucourt : Eh bien, pas vraiment !  Tout simplement parce qu’à cette période je ne savais pas encore ce que je voulais faire après le lycée. J’avais un rêve d’enfant : vétérinaire, mais qui n’a pas duré. (Je suis trop sensible pour ça, haha !) Et pendant le lycée, j’étais dans un flou total. Ce n’est qu’à la fin du lycée que j’ai choisi mes études universitaires, et durant ma licence que mon intérêt pour la traduction s’est confirmé.

Y a-t-il eu un événement déterminant dans le choix de ton métier de traductrice du coréen vers le français ?

Floria Deregnaucourt : J’ai commencé à m’intéresser à la traduction pendant ma licence, et les cours que j’ai suivis en rapport avec la traduction me confirmaient que j’aimais ça. Mais j’étais encore dans le flou concernant le domaine de traduction vers lequel je voulais me tourner. Quand je suis rentrée en France en mars dernier, j’ai commencé des recherches dans le domaine de la traduction de webtoons après en avoir entendu parler. J’appréciais la lecture des webtoons mais je n’avais jamais pensé à traduire auparavant. C’est pendant mes recherches que je suis tombée sur le site de MAKMA, et que j’ai décidé de contacter le studio, et je ne regrette pas ce choix du tout, haha ! J’apprécie beaucoup la traduction dans ce domaine, et ça m’a permis de découvrir un autre aspect des webtoons. En tant que lectrice on ne se rend pas toujours compte de tout le travail qui est fourni derrière par l’équipe qui travaille sur sur une série !

Merci Floria !

Si vous aussi, vous voulez travailler dans l’adaptation de webtoons, visitez notre page dédiée au recrutement de traducteurs de webtoons du coréen vers le français !